The director/ Monsieur le directeur

Day 35 – 30/06/2015 – 162 kms – Tosya à Merzifon
Total : 4242 kms

As the sun slowly rises, I leave my two new friends. Unfortunately, riding a solar bike has a different rhythm than riding a normal bike. This morning, there is still no sun, but at least it’s not raining anymore. As I go deeper into the mountains, the landscape slowly changes. At the bottom of the valleys, farmers plowing their fields make way to numerous rice pickers that spread through the paddy fields. The flanks of the mountains are not as green, thick and steep as they were yesterday. Here and there, old women are looking after one or two cows, sometimes a small herd of sheep. Storks have invaded the region, they can be seen everywhere: Perched on top of electric poles where they have decided to install their nest, flying over the paddy fields or just waiting by the side of the road. But what I prefer is the chant of the muezzin echoing in the mountains. With today’s fog, this adds a touch of mysticism to this already strange atmosphere.

Au petit matin, je laisse mes deux nouveaux amis. C’est malheureux mais voyager en vélo solaire impose un rythme différent que de voyager en vélo simple. Ce matin, il n’y a toujours pas de soleil mais il ne pleut plus. Alors que je m’enfonce dans la montagne, le paysage se transforme petit à petit. Dans le fond des vallées, les agriculteurs labourant leurs champs laissent place à une multitude de cueilleurs qui viennent parsemer des rizières. Les flancs des monts deviennent moins verts, moins touffus, et moins escarpés. Çà et là, de vieilles femmes gardent une à deux vaches et parfois un petit troupeau de mouton. Les cigognes ont envahi cette région, on en voit partout : perchées en haut de poteaux électriques où elles ont décidés d’installer leurs nids, survolant les rizières ou posées sur le bord de la route. Mais ce que je préfère, c’est le chant du muezzin qui résonne dans la montagne. Avec la brume d’aujourd’hui, ça rajoute un côté un peu mystique à ce décor déjà très inhabituel.

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I stop to have lunch close by Osmacik, a charming small town, lost in the middle of nowhere. It seems the speciality are clay pots, tachiniks and silvered dishes. In the afternoon, I will have to go through a narrow path with cliffs rising to a few hundred meters high on both sides. This bottleneck generates a strong counter wind stopping me from moving forwards. Sun continues to flee me, I can see it a few hundreds of meters ahead but clouds are following me, and I just can’t catch up. It’s really frustrating! When I finally manage to exit the funnel, a plateau that could be mistaken for a plain, stretches out in front of me. I leave mountains behind me and head out towards Merzifon.

Je m’arrête déjeuner à Osmacik, une petite ville très mignonne, paumée au milieu de rien. Il semble que la spécialité soit les pots de terre, les tchainiks et la vaisselle argentée. L’après-midi je passe par un étroit passage entre des falaises de plusieurs centaines de mètres de haut. Ce goulot d’étranglement génère un vent de face puissant qui me freine énormément. Le soleil continue de me fuir, je le vois quelques centaines de mètres plus loin mais des nuages s’entêtent à suivre mon chemin, et je ne parviendrais jamais à le rattraper. C’est excessivement énervant ! Lorsque je sors enfin de l’entonnoir, un plateau s’apparentant à une plaine s’étend à perte de vue. Je laisse les montagnes derrière moi et m’élance en direction de Merzifon.

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After a last uphill using only my poor legs, I am welcomed right before the city by Aziz, the only English teacher in town. He guides to the “director” who has been waiting for me for some time now, if I understood properly. The English teacher looks stressed out, and seems really not to want to make him wait any longer. But who is this director? Arriving to destination, under the flashes of two excited photographs, I hurry up to shake hands with the man wearing an impeccable suit. The reception committee is composed of around seven smiling persons, each of them greeting me eagerly. After a few official pictures, I hear that the “director” is called “minister” by one of the guys. I really don’t understand anything, but as I’m really in a hurry to take a shower, I’m not bothered to ask right away. I am then escorted to the “House of Professors”, a sort of campus that looks very neat. After having parked Roger in a secure area, a room is attributed to me. I had just started imagining a quiet evening where I would have time to wash my clothes and go to bed early when I learn I actually need to be ready in fifteen minutes to go dine Iftar at the Belediye of Merzifon. I hurry up to finish my most important chores quickly, but as I rush back down, surprise, everyone is gone. After clarification, it seems that this director, seeing how exhausted I looked, didn’t want to force me into any social obligations, and had a dinner ready for me to eat alone at the House of Professors. I still don’t have a clue on who this director is, but, in any case, if he ever reads these few lines, I would really like to thank him for everything. I would also be very interested to know his name and function. Now, let’s benefit from this unique opportunity, and go to bed early!

Après une dernière montée à la jambe, je suis accueillie à l’entrée de la ville par Aziz, le seul professeur d’anglais de la ville. Il me guide un peu plus loin pour rencontrer «  le directeur » qui m’attend depuis déjà longtemps d’après ce que j’ai compris. Le professeur d’anglais a l’air très stressé à l’idée de le faire attendre davantage. Mais qui est ce directeur ? Arrivée à destination, sous les flashs de deux photographes de journaux locaux, je m’empresse donc de serrer la main de cet homme au costard si soigné. Le comité d’accueil est composé d’environ sept personnes enthousiastes qui me tendent la main, sourire aux lèvres. Après quelques photos officielles, j’entends le « directeur » se faire appeler « ministre ». Je n’y comprends rien mais j’ai quand même bien envie de prendre une douche donc je n’insiste pas. Je suis ensuite guidée jusqu’à la « Maison des Professeurs », une sorte de campus qui me semble très propre. Après avoir rangé Roger au chaud, une chambre m’y est attribuée. A peine ai-je eu le temps de m’imaginer une soirée pépère où je pourrais laver tranquillement mes habits et me coucher dans la foulée, qu’on m’annonce que j’ai rendez-vous dans quinze minutes pour aller diner l’Iftar au Belediye de Merzifon. Je m’empresse donc de tout faire version express mais quand je descends à l’heure prévu, surprise, il n’y a personne. Après clarification, il semble que le fameux directeur, voyant que j’étais fatiguée, n’a pas voulu m’obliger à participer à quelconque évènement social et m’offre un repas dans la maison des professeurs, en tête à tête avec moi-même. Je ne sais toujours pas qui est ce directeur mais en tout cas, si il parvient à lire ces quelques lignes, je tiens à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi, chose que je n’ai pas eu l’occasion de faire à ce moment-là. Au passage, je serais également intéressée de savoir son identité et sa fonction. Maintenant, vite, on en profite, au dodo.

  

Different perceptions/ Percevoir différemment

Day 34 – 29/06/2015 – 156 kms – Gerede à Tosya
Total : 4080 kms

For today, let’s let the pictures talk: a few pictures are sometimes more efficient then long speeches. After lazing about at the hotel for a few hours, I finally take off and am immerged in an incredible mountainous landscape. I even get a little bit of sun! There are many hunting birds in the sky. Truck drivers taking a break on the side of the road keep on asking me if I would like to join them for a tchaï (tea). Other marking event this morning: I save a turtle (and probably a car by the same occasion) that had wondered off in the middle of the road. At the beginning of the afternoon, rain starts falling again and I decide to stop to have lunch in a small restaurant by the side of the road. I don’t understand anything on the menu and conveniently decide to let the chef choose for me. Once again, I’m quite impressed of the quality of the meal served to me. I definitely have a weakness for Turkish gastronomy!

Pour aujourd’hui, il vaut mieux laisser parler les images : quelques photos valent mieux qu’un long discours. Après un départ tardif de l’hôtel, je suis une fois de plus immergée dans des paysages montagneux magnifiques et j’ai même le droit à un peu de soleil. Le nombre de rapaces qui fendent le ciel est impressionnant. Je suis sans cesse héler par les camionneurs arrêtés en bord de route qui me proposent de partager quelques instants de convivialité en buvant du tchaï (thé). Autre évènement marquant de la matinée : je sauve une tortue (et surement une voiture par la même occasion !) qui s’était aventurée en plein milieu de la route. En début d’après-midi, la pluie reprend et j’en profite pour m’arrêter déjeuner dans un restaurant de bord de route qui ne paie pas de mine. Faute de comprendre le menu, je demande au chef de choisir pour moi. Une fois de plus, je suis impressionnée par la qualité du plat qu’ils me servent. Décidemment, la gastronomie turque, ça me plait bien !

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As I make my way to Tosya, suddenly, a man on a bike equipped with the very common Ortlieb bags, characteristic of all long distance cycling travellers, catches up with me, panting and sweating, and asks me to stop. It’s Sebastien, a thirty year old German. His wife, Elisa, is with him, they’re going in the same direction as I am. They were intending on setting up camp quite quickly, but I wanted to continue on until Tosya, the next “big” town. We find a compromise and decide to set up the tents fifteen or twenty kilometres later. It’s still raining. As soon as we finish setting up our tents, the thin and discreet rain makes way for heavy rainfall. Elisa and Sebastien are used to cooking good meals with a simple camping stove and a few pans. So, tonight, Sebastien prepares us a hearty dinner with aubergines, potatoes and zucchinis, delicious. We talk about our experiences traveling, people wee have met on the way and what we have learnt from those encounters in terms of culture and hospitality.

Alors que je trace vers Tosya, un homme à vélo harnaché de sacs de marque Ortlieb (décidemment la marque par excellence de tout cyclo-voyageurs digne de ce nom) me rattrape, essoufflé et tout transpirant, et me demande de m’arrêter. C’est Sebastien, un allemand d’une trentaine d’années. Sa femme, Elisa, est avec lui, et ils vont dans la même direction que moi. Eux comptaient s’arrêter bientôt pour monter leur tentes alors que moi je comptais pousser jusqu’à Tosya, la prochaine grande ville sur la route. On trouve un compromis et décide de s’arrêter dans quinze ou vingt kilomètres. Il pleut encore et toujours. Dès qu’on a fini de monter les tentes, la pluie fine et discrète fait place à de grosses gouttes. Elisa et Sebastien ont l’habitude de se cuisiner de bons plats avec un simple réchaud et quelques casseroles. Du coup, ce soir, Sebastien nous prépare un repas à base d’aubergines, de pommes de terre et de courgettes, un festin! On échange sur nos voyages, sur les gens que nous avons rencontrés et sur ce que ces gens nous ont laissé percevoir de leur culture et de leur sens de l’hospitalité.

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It’s funny to see how people traveling on the same route can have such different experiences. For example, Elisa has often been confronted to a very macho behaviour, where, although she spoke better English than Sebastien, man would only talk to her husband and wouldn’t even answer to her when she was asking questions. This just proves how much the perception you have of a country all depends on the people you meet. My experience is all the opposite. There’s one major difference though, I travel alone and, somehow, people “have” to speak to me. But honestly, I could not imagine the people I have met behaving differently if I had been accompanied. Another perception of theirs that I couldn’t of had imagined: Elisa tells me unconditioned hospitality and little presents from strangers almost make her feel uncomfortable. She feels as if she owes something back. Personally, I interpret these behaviours as something almost normal in these societies; behaviours so different from our occidental habits that they are almost incomprehensible. It’s just another way to perceive relations, happiness and simply life. Importance is given to human interaction, rather than to personal wealth.

C’est drôle de voir comment des voyageurs effectuant la même route peuvent avoir des expériences si divergentes. Par exemple, Elisa s’est trouvé de nombreuses fois confronté à des comportements très macho, où, bien qu’elle parle mieux anglais que Sébastian, les hommes n’adressaient la parole qu’à son mari et ne lui répondaient pas quand elle leur posait des questions. Comme quoi, en ce qui concerne votre perception d’un pays, tout est question des gens qui croisent votre chemin, car de mon côté, c’est tout le contraire. Il y a, il est vrai, grande différence : je voyage seule, les gens sont contraints de m’adresser la parole car il n’y pas d’homme avec moi. Mais franchement, j’ai vraiment du mal à imaginer qu’ils se comporteraient différemment si j’étais accompagnée. Un autre exemple qui prouve à quel point notre perception peut différer d’une personne à l’autre : Elisa m’explique que l’hospitalité sans arrière-pensées et les petits cadeaux d’inconnus la mettent presque mal à l’aise. Elle se sent comme dans l’obligation de devoir quelque chose en retour. Personnellement, j’en comprends que ce sont des coutumes presque normales ici, il est vrai si éloignées de mœurs occidentaux. C’est une autre façon de percevoir les relations, le bonheur et, tout simplement, la vie. On accorde tout simplement plus d’importance à l’interaction humaine qu’à la richesse personnelle.

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Worth waiting for/ Parfois, ca vaut le coup d’attendre un peu!

Day 33 – 28/06/2015 – 55 kms – Ordu à Gerede
Total : 3924 kms

The next morning, it’s still raining quite heavily. Ismail recommends me not leave now and to wait until midday. It’s too dangerous on the roads from his point of view. So I follow his advice. Aishegul fixes me breakfast but I’m eating alone. They had their breakfast at three in the morning, before sunrise. I take advantage of this time to work on my posts. After lunch, the rain settles down and I decide that it’s time to go, although I don’t really want to. Before leaving the house, Aishegul offers me a “Nazar boncuk”, an evil eye amulet attached to a little golden bracelet, to ward off bad luck and bring me sun throughout my traveling. I am not superstitious but, at that precise moment, the sun suddenly comes out!

Le lendemain, la pluie tombe encore à grosses gouttes. Ismail me conseille d’attendre un peu avant de prendre la route. C’est trop dangereux sur les routes de son point de vue. Je suis donc ses conseils. Aishegul m’a préparé un super petit déjeuner mais je mange seule, car ils ont déjà pris leur petit déjeuner avant le lever du soleil, vers trois heures du matin. Du coup, j’en profite pour écrire un peu. Après le déjeuner, la pluie se calme et je décide qu’il est grand temps de repartir, bien que je n’en ai aucune envie. Avant de quitter l’appartement, Aishegul m’offre un « Nazar boncuk », une amulette contre le mauvais œil attachée à un petit bracelet doré, pour conjurer le mauvais sort et m’apporter du soleil sur la route. Alors, je ne suis pas superstitieuse mais à ce moment précis, comme par magie, les nuages se dégagent et laissent percer les premiers rayons de soleil de la journée.

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As we had planned yesterday, I contact Omer and Seher that I will be leaving in thirty minutes. They show up in front of Ismail’s place twenty minutes later, with around fifteen volunteers, to accompany me on 1 or 2 kilometres! But how do these Turks organize themselves so quickly? Our little group rides in the streets of Bolu, escorted by Ismail’s car, his daughter sticking out the open roof and encouraging us. Omer’s team leave us at the city’s exit as they decide to head on towards an altitude lake for the day. Ismail’s family will stay with me for around ten or twenty kilometres more. Saying goodbye will prove to be really difficult. No doubt this is only the beginning of a strong friendship. The whole family know they are invited whenever they want to London and I really hope they won’t miss out!

Comme prévu, je préviens Omer et Seher que je partirais dans trente minutes. Ils me répondent un simple « OK » et je les retrouve vingt minutes plus tard, au pied de l’immeuble d’Ismail avec une quinzaine de volontaires pour m’accompagner sur 1-2 kms. Mais comment font-ils pour s’organiser si vite ? Notre petit groupe déambule dans les rues de Bolu, escorté par la voiture d’Ismail. Betgul sort du toit ouvrant et nous encourage. La bande d’Omer me quitte à la sortie de la ville et décide de prolonger la journée à un petit lac d’altitude non loin de la ville. La famille d’Ismail, elle, me suit sur dix ou vingt kilomètres supplémentaires. Les adieux seront particulièrement difficiles. Nul doute que ce n’est que le début d’une belle amitié. La famille au grand complet sait qu’elle est la bienvenue à Londres, et j’espère vraiment qu’ils viendront !

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I continue climbing the mountains towards Gerede. On the way, I am offered pide with Turkish cheese by a gas station attendant. I savour this kind gift contemplating the gorgeous mountains. Omer had told me he had some friends in Gerede that could help me find a place to sleep. When I arrive, Ahmed is already waiting at the old Belediye (town hall). He guides me to my hotel. Hotel? I thought I was staying at someone’s place! No, actually, Omer has friends in higher positions than I thought: the town mayor decide to invite me to the best hotel in town! As I enter my room, I am once again amazed at how nice it is. The hotel is a very old Persian style building with wooden arches above every door. At nine pm, I meet for dinner with the finance manager of the town hall, all dressed up in a smart suit, accompanied by an old cop with a large moustache. The finance manager is very happy about being able to practice his English, he has even brought his English notebook along! Dinner is spent reciting cliché school sentences such as “What books do you read?”. I wouldn’t do this everyday but because this was a one time experience, it was rather fun and touching. The old cop wasn’t really participating to the conversation, but when I start talking about my experience in the army, he takes interest and seems to understand just as much as his studious friend. Language barrier has once again been defeated by mimes and onomatopoeias!

Je continue donc à grimper en direction de Gerede. En chemin, un pompiste m’offre une pide et des fromages turcs que je dégusterais tout en contemplant la superbe vue sur la montagne. Omer m’a dit qu’il avait des amis à Gerede qui pourraient m’aider à trouver un endroit où dormir. Quand j’arrive, Ahmed m’attend près de la vieille Belediye (mairie). Il me guide jusqu’à mon hôtel. Hôtel ? Je pensais que j’allais chez quelqu’un ! Et ben non, Omer a des amis mieux placés que ce que je pensais : le maire m’invite dans le meilleur hôtel de la ville ! Quand je vois ma chambre, je suis vraiment sur le cul. L’hôtel est situé dans un vieux bâtiment perse avec des arches en bois travaillées au-dessus de chaque porte. A neuf heures, je retrouve le responsable financier de la mairie, vêtu d’un costard très smart, et un vieux flic moustachu. Le responsable financier m’explique qu’il apprend l’anglais et sort son livre de cours devant lui. Je passerais la soirée à faire un cour d’anglais. Bon une fois, c’était rigolo et très attendrissant de voir ce grand gaillard me réciter des phrases du style « What books do you read ? », mais je ne le ferais peut être pas tous les jours. Le vieux flic ne disait pas grand-chose. Au début, ça avait plutôt l’air de l’emmerder d’être là mais au bout d’un moment, il se prend au jeu et il comprend quasiment autant que son copain studieux alors qu’il ne parle pas anglais du tout. La barrière de la langue vaincue une fois de plus par des mimes et onomatopées !

Reminder: C’mon guys, less than 2 weeks to go !

As of today, 5885 kms (of which 360 not on leetchi) have been sold for Electriciens sans frontières’s project in Ethiopia! Thank you so much to all that have contributed. I have currently overpassed 6000 kms! Only 3115 kms left to buy to guarantee a better access to water and health services to 750 people for the 10-15 years to come. I’m counting on all of you, family, friends, colleagues, and other supporters of my cause, to partake, at your level, to this collectif effort. To donate, follow this link: https://www.leetchi.com/c/solidarite-alstom-foundation-project .

Rappel : Allez les gars, il nous reste moins de 2 semaines! 

A ce jour, 5885 kms (dont 360 hors leetchi) ont été vendu pour le projet d’Electriciens Sans Frontières en Ethiopie ! Merci du fond du cœur à tous ceux qui ont contribué. J’ai pourtant déjà dépassé les 6000 kms! Plus que 3115 kms à acheter pour offrir à 750 personnes un meilleur accès à l’eau et aux soins pour les 10-15 prochaines années. Je compte sur vous, famille, amis, collègues et autres supporteurs de la cause, pour participer chacun à votre niveau à cet effort collectif. Pour participer, suivez ce lien : https://www.leetchi.com/c/solidarite-alstom-foundation-project .

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The long road to heaven/ Il faut le mériter, son petit coin de paradis!

Day 32 – 27/06/2015 – 162 kms – Izmit à Bolu
Total : 3869 kms

The best breakfast of my whole life this morning. There’s a little bit of everything: sweet and salted food, Turkish specialities, full meals, a stall with a chef cooking your customized eggs in front of you, there’s even a piece of hive from which you can directly serve yourself honey! And even a bowl next to it with honey in small plastic pots if you can’t be bothered to get it from the hive. Everything is delicious, fresh, and you’ve got the view on the Izmit bay from the restaurant. I prepare myself little sandwiches for midday and take several fruits along with me as well. I am sated but Roger hasn’t been able to charge properly due to mediocre sun, and today, we head back to the mountains. There is even an uphill of 900 meters height difference. Before this challenge, in Sakarya, friends of Murat are waiting for me. There’s Ilhan, the president of Sakarya’s cycling association, and two young lads with him. One’s name is Mert and speaks perfect English. We head on towards Duzce. It’s quite nice because they let me set the pace and simply follow, I don’t even need to wait for them. They’re incredibly fast on their light bikes. Mert explains to me that, although it’s Saturday, he was supposed to work today but he begged his boss to get a day off just to accompany me. I am truly touched by this, I don’t even know what to answer “Teshekur?” (Thank you in Turkish). The craziest thing is that, at the end of our trip together, they thank me for letting them escort me and consider it an honour. I’m dumb struck.

C’est le meilleur petit déjeuner que j’ai pris de toute ma vie (et je n’exagère toujours pas) ! Il y a tout : du salé, du sucré, des spécialités turques en tout genre, des plats complets, un stand avec un commis qui vous fait les œufs à la demande avec les ingrédients que vous voulez, il y a même un morceau de ruche duquel on peut directement chercher le miel ! Et même un panier à côté avec du miel dans des petites boîtes en plastiques si vous avez la flemme d’aller le récupérer de vous-même ! Tout est délicieux avec une vue sur la baie d’Izmit en prime. J’en profite pour me faire mes sandwichs de midi et des provisions de fruits pour la journée. Je suis repue mais Roger, lui, n’a pas pu faire le plein car le soleil est timide aujourd’hui, et c’est justement le jour où la montagne recommence, avec notamment une grimpette de 900 m de dénivelé. A Sakarya, des amis de Murat m’attendent pour faire un bout de chemin. C’est Ilhan, le président de l’association de Sakarya, et deux jeunes compères, dont l’un d’eux s’appelle Mert et parle très bien anglais. On file tout droit direction Duzce. C’est agréable car ils me laissent imposer le rythme, ce que je préfère, et ne me ralentissent pas. C’est qu’ils sont rapides les gaillards ! Mert m’explique qu’il devait bosser ce samedi mais qu’il a supplié son patron de le libérer exceptionnellement pour m’accompagner pendant ces quelques kilomètres. Je suis vraiment touchée par ce geste, je ne sais même pas quoi lui répondre « Teshekur ? » (Merci en turque). Le plus déroutant, c’est qu’à la fin, ils me remercient d’avoir accepté leur escorte, m’expliquant qu’il a été un honneur pour eux (oui c’est le mot employé) de rouler avec moi. J’en reste bouche bée.

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After a light lunch by the side of the road, composed of different elements of this morning banquet, I meet again with two new road buddies at the entrance of Duzce. They look very enthusiastic to see me. So much that one of them keeps on taking pictures all the time, which ends up annoying me a little. The other one will leave us at the city’s exit, but the tireless photographer will continue on with me up to Bolu. A few kilometres after the city, the 900 meters uphill start, and, as if that wasn’t enough, it starts raining. The fog sits on top of the mountains, making it look even more wild and threatening. Montvernier’s laces are nothing compared to what comes next. Ismail, the man hosting me for the night, comes to greet us by car. I instantly like this nice, calm and peaceful man, he appeases me. He is retired but still races in competitions in his category. Here, in the mountains, is his playground, his training field (and you just need to see the slopes to understand some people are really crazy!). I painfully manage to reach Bolu and follow him to his house. It looks like the sun will be hiding at least until tomorrow.

Après un déjeuner rapide de bord de route, composé de différents éléments du petit déjeuner de ce matin, je retrouve encore deux nouveaux compagnons de route près de Duzce. Eux aussi ont l’air très enthousiastes. L’un deux l’est tellement qu’il prend frénétiquement des photos toutes les 2 minutes, ce qui a tendance à m’agacer un peu. L’autre nous laisse à la sortie de la ville mais le photographe en herbe me suivra jusqu’à Bolu. Après quelques kilomètres, les 900 mètres de montée à pic débutent, et il commence à pleuvioter. La brume enveloppe la montagne, qui parait encore plus sauvage et menaçante. A côté de ce qui va suivre, les lacets de Montverniers n’ont qu’à aller se rhabiller. Ismail, l’homme chez qui je dormirais ce soir, vient à notre rencontre en voiture. Tout de suite, j’aime cet homme calme et serein, d’une bonté qui se flaire de loin, il m’apaise. Il est à la retraite mais fait encore des championnats de cyclisme dans sa catégorie. Ici, au cœur des montagnes, c’est son terrain de jeu, sa piste d’entrainement (il n’y a qu’à voir les pentes pour comprendre qu’il y en a qui aime se faire du mal !). Il me guidera jusqu’à chez lui et c’est péniblement que je me hisse jusqu’à Bolu. Le soleil, ça ne sera pas pour aujourd’hui.

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As soon as the door opens, I understand by Aishegul’s and Betgul’s smile that leaving tomorrow will be difficult. They look delighted to see me. The whole family does Ramazan but Aishegul, the wife, instantly ask me if I want to eat something before dinner. After showering, we all gather around the table to have Iftar. We patiently wait for nine o’clock call for prayer, resounding in the mountains, and as soon as the red firecracker signalling the end of the fasting lights up the sky, dinner is served. It’s good and hearty. There are dates on the table, Iftar’s symbolic fruit, and glasses are filled with a fresh clove and cinnamon juice! Aishegul is an amateur bandmaster, and conducts four concerts each year. She shows me a video of one of them, a Turkish music orchestra accompanied by a sulphurous diva. Betgul wants to become an engineer, but above all, she wants to live abroad, like her big sister, who is studying in Holland at the moment. She’s probably one of the most polite, open-minded and intelligent teenage I’ll have come across this trip.

Dès que la porte s’ouvre, je comprends par le sourire d’Aishegul et de sa fille, Betgul, que je vais avoir du mal à repartir demain. Elles ont l’air enchantées de me recevoir. Ils font Ramazan mais me propose tout de suite si je veux manger un petit apéro avant. Après une bonne douche, on se met à table tous ensemble pour manger l’Iftar. On attend la prière du soir qui résonne dans les montagnes et un pétard éclate dans le ciel au milieu du village, signalant le début officiel du repas, tel le départ d’une course. Le repas est très bon et copieux. Il est agrémenté de dattes, fruit caractéristique de l’Iftar, ainsi qu’une boisson fraiche à la cannelle et aux clous de girofle ! Aishegul est chef d’orchestre amateur, pour 4 concerts par an. Elle me montre une vidéo où elle dirige un orchestre de musique turc avec une chanteuse sulfureuse. Betgul, elle, veut plutôt être ingénieur, mais surtout, elle veut vivre à l’étranger, comme sa grande sœur, actuellement en Hollande. C’est surement l’adolescente la plus polie, la plus intelligente et la plus ouverte d’esprit que j’aurais croisé pendant cette aventure.

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At the end of the meal, surprise: Omer and a few friends of his are invited at Ismail’s place. This group has created a small local cycling association for bike amateurs and they really wanted to meet me. No link with Murat this time, or almost: they heard about me through a friend of the crazy photograph’s friend. Apparently, Turkey’s cycling network is quite active! They hand me an adorable little present: chocolates, the city’s speciality, wrapped up in customized paper! I thank them warmly, and they return the hugs, as if they wanted to give me courage for the rest of the trip. A wonderful moment, where, as always, I won’t be able to find the right words to say thank you.

A la fin du repas, surprise : Omer et quelques amis à lui sont invités chez Ismail. Ils ont formé une petite association locale pour amateur de vélo et voulaient absolument me rencontrer. Pas de lien avec Murat cette fois-ci, ou si quand même un peu : ils ont entendu parler de moi à travers un ami d’un ami du photographe qui m’accompagnait. Comme quoi le monde des cyclistes turcs est petit. Ils m’ont préparé un petit cadeau qui va beaucoup me toucher : des chocolats, spécialité de la ville, mais des chocolats personnalisés ! S’ensuit des embrassades sincères, comme si ils cherchaient à me donner du courage pour la suite. Un grand moment d’émotion durant lequel je ne saurais plus où me mettre, une fois de plus.

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The 5-star surprise/ La surprise 5 étoiles

Day 31 – 26/06/2015 – 92 kms – Istanbul à Izmit Total : 3707 kms

In the morning, Bilgin brings me back to the office. Farewell moments are never my favourites, I really don’t want to go yet. But I’m quite positive this is not the last time we meet. My brakes are still not braking properly, so Murat has asked his good friend (another one), an ex-cycling champion, half-Turkish, half-Iranian, to help me out. This guy has opened two shops, one in Teheran and one in Istanbul. He is very efficient but a little surly. He immediately tells me the disk of my front-wheel brakes must be changed. I was expecting that having seen how blue the metal had become due to overheating. He installs a new one, with a recent design enabling better heat repartition. He also manages to set the pads to perfection. I ask him if he can tinker a larger mirror than the one I currently have, as the ones sold in the commerce are not adapted to the butterfly handlebars. That also is done in no time. Roger’s been upgraded once more! Another one of their friends appears out of the blue, telling me I shouldn’t worry about his behaviour, all bike shop owners are a little crazy in Turkey. After that, they both leave to meet up with Murat to ride (how original) around some islands.

Le matin, Biglin m’emmène aux bureaux pour récupérer Roger. Les adieux sont encore une fois un peu difficiles, je n’ai pas du tout envie de repartir. Mais je sais que ça ne sera pas la dernière fois que je la vois. Comme mes freins font toujours des leurs, Murat m’a pris rendez-vous avec un autre de ses nombreux amis, un ex-champion de cyclisme, moitié turque, moitié iranien. Il a une boutique de réparation de vélo dans Istanbul et une autre à Téhéran. C’est quelqu’un de très opérationnel mais d’un peu brusque. Il m’indique immédiatement qu’il faut le changer le disque de frein. Je m’en doutais vu sa couleur bleuie par les échauffements. Il m’en installe un neuf, avec design modern qui permet de mieux répartir la chaleur. Il me règle également les plaquettes à la perfection. Je lui demande s’il peut me bricoler un rétro plus large que celui que j’ai actuellement et dans lequel je ne vois rien du tout ! En effet, dans le commerce, ils n’en vendent pas des adaptés à un guidon papillon. Aussitôt demandé, aussitôt fait. Nouvelle révision quasi-complète de Roger. Un autre de leur ami arrive et me confie que tous les propriétaires de boutiques de vélos sont un peu tarés en Turquie, qu’il ne faut pas s’inquiéter s’il parait un peu pressé et directif. Après ce petit dépannage, ils partent rejoindre Murat pour le week-end sur des îles faire du vélo.

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I head towards Pendik, the departure dock of my ferry to Yalova, on the other side of the Izmit bay, by taking the pleasant southern route of the Asian side of Istanbul along the “Princess” islands. I take advantage of this perfect seaside road with little traffic to try out the new sensibility of my brakes. Taking this ferry will not allow to reduce the number of kilometres, it would rather have the opposite effect, but it will allow me to avoid the heavy traffic coming out of Istanbul. I love ferry rides, so relaxing! On the boat, Murat sends me a message “Friends are waiting for you on the other side” “Do I need an escort for this portion?” “No they just want to ride with you” incredible but really nice! When I debark from the ferry, Ali and his bike are waiting for me. Ali is an engineer but he really wants to become a professional cyclist, he has already won a few races. Together, we ride along the beaches on a very wide cycling road. We pass in front by a wooden house. Ali tells me this is not just any house. Its construction was ordered by Ataturk (him again) in 1929 next to a plane tree he was fond of. Later, one of the branch of the tree was touching the villa and Ataturk was alerted that the branch should be cut. But he refused and even had the villa placed on tramway rails to be able to move it regularly! Since then, this house is referred to as the “moving house”. Ali bids me farewell as we exit the city and asks me to pay attention to cars, because, from his point of view, drivers have no respect for cyclists in this country.

De mon côté, je longe les îles dites « princesses » au sud d’Istanbul, un chemin très agréable au bord de l’eau où j’apprécie pleinement la sensibilité retrouvée de mes freins, avant de rejoindre Pendik, le lieu de départ du ferry qui amène de l’autre côté de la crique d’Izmit, à Yalova. Prendre ce ferry ne permet pas de gagner des kilomètres, ça aurait plutôt tendance à en rajouter, mais ça permet d’éviter le trafic important en sortie d’Istanbul. Et c’est parti pour une nouvelle traversée ! J’adore ! Murat m’envoie un message « Des amis t’attendent en vélo de l’autre côté » « Il y a besoin d’une escorte pour cette portion ? » « Non mais ils veulent juste rouler avec toi » Hallucinant mais super sympa ! Arrivée de l’autre côté, je suis rejointe par Ali et son vélo. Ali est ingénieur mais veut devenir cycliste pro, il a déjà gagné plusieurs courses. On prend la large piste cyclable le long de la plage et on passe devant une maison de bois. Ali m’explique que ce n’est pas n’importe quelle maison. C’est la maison qu’Ataturk (encore lui !) avait fait construire en 1929 à côté d’un arbre qu’il affectionnait particulièrement. Quelques temps plus tard, une branche de l’arbre venait toucher la villa et on avisa Ataturk qu’on allait la couper. Mais il objecta farouchement et alla jusqu’à faire placer la villa sur des rails de tramway pour pouvoir la déplacer régulièrement ! Depuis, on appelle cette villa « la villa qui bouge ». Ali me laisse en sortie de ville en me demandant de bien faire attention aux voitures qui n’ont aucun respect pour les cyclistes dans ce pays selon lui.

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But thinking the escort would stop here is underestimating Murat’s influence in the region. As I approach Izmit, I meet Shenaz, and her two young acolytes. She is the president of the cyclist organisation in Izmit. She’s fun and kind of looks like a wild hippie with her long hair all tangled up, her dark skin, her big gothic-like rings and coloured bracelets. She is a truly beautiful woman. This new team guides me from Karamursel to Izmit, around thirty kilometres total. The young man has a bike from a rental and you can see from the way he is panting that he isn’t used to going so fast. Even if I wait for them quite often, he is clearly suffering. But it’s also nice to have some company.

Mais il ne fallait pas sous-estimer la longueur du bras de Murat. En arrivant à Izmit, je retrouve Sehnaz, et deux jeunes acolytes. Elle est présidente de l’association de cyclisme turque d’Izmit. Elle est marrante, et me fait un peu penser à une hippie. D’une quarantaine d’années, la peau très matte, elle a quelque chose d’un peu sauvage avec ses longs cheveux noirs tout emmêlés et qu’elle se refuse d’attacher. Elle porte de grosses bagues voyantes un peu gothiques et de bracelets colorés. C’est une très belle femme. Cette nouvelle équipe m’escorte depuis Karamursel jusqu’à l’entrée d’Izmit, soit une trentaine de kilomètre. Le jeune garçon qui nous accompagne à un vélo de libre-service et on voit qu’il n’a visiblement pas l’habitude d’aller aussi vite. Même si je les attends régulièrement, clairement, il souffre. Mais bon, c’est aussi très agréable d’avoir de la compagnie.

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Levent, my sister’s friend’s friend, is waiting for me at the entrance of the city. He escorts the bike escort with his car up to the hotel that Ulash, my sister’s friend and Levent’s colleague, has reserved for me. I can’t believe my eyes when I actually see the hotel. A palace, 5-star. All is perfect: service, the decoration, the room and (o yeah) the bed! Crazy they are, these Turks! When I ask “But why? But how?” The same sentence falls back in my ears ‘you are our host” (by the way, it’s funny how they always say “host” instead of “guest”). It seems this word doesn’t have the same meaning, or should I say, the same importance than in other countries. The “host” (ie. the “guest”, are you following?) has all the powers. He must be fully satisfied, feel at ease, welcomed, he must feel that the hosts are delighted, or even honoured, to have him as a guest. If he is hungry, he must be fed until he cannot get up again. If he is tired, he must be let alone and unbothered. His desires are literally orders. And nothing, o no nothing, is more important than his stay. If you’ve planned something else, cancel it and smile. And, above all, the guest must never have to pay for anything. I think it must be a crime in this country. Can you believe a man I have never met, I have never seen, I have been talking to for only a few days, invites me to a 5-star hotel because I am his “guest”, and not particularly in this city, but his guest in Turkey? And he’s not even in that city at that time! Thank you Ulash and thank you Levent, that was… awesome! And that’s not specific to them of course, it is true for all the Turks I’ve had the chance to bump into throughout my journey, Murat being, of course, on top of that list.

A l’entrée d’Izmit, Levent, un ami d’un ami de ma sœur, nous attend. Il escorte l’escorte de vélos avec sa voiture et son chauffeur jusqu’à un hôtel qu’Ulash, l’ami de ma sœur en question et collègue de Levent, a réservé pour moi. J’hallucine complétement quand je vois l’hôtel. Un palace, 5 étoiles. Tout est parfait : le service, le décor, la chambre et (o oui) le lit ! Ils sont fous ces turques ! Quand je lui demande « Mais pourquoi ? Mais comment ? ». Toujours cette phrase que j’ai déjà beaucoup entendu en Turquie : « Tu es notre invité ». D’ailleurs, le mot « invité » en turc n’a pas la même signification ou dirais-je plutôt importance que dans les autres pays. L’ « invité » a les pleins pouvoirs. Il faut s’assurer qu’il ne lui manque rien, qu’il se sente bien, accueilli, qu’on lui montre qu’on est heureux, voir honoré, de l’avoir chez soi. S’il a faim, il faut le gaver jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se relever. S’il est fatigué, il faut le laisser se reposer et ne surtout pas le déranger. Ses désirs sont des ordres, au sens propre du terme. Et rien, non rien, n’est plus important que de bien le recevoir. SI on a prévu autre chose, on annule, et on le fait avec le sourire. Et surtout, ne jamais laisser payer quoi que ce soit à un invité, c’est presque un crime dans ce pays. Un homme, que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu, avec qui je suis en contact que depuis quelques jours, m’invite dans un 5-étoiles parce que je suis son « invité », et non pas son invité dans cette ville, mais en Turquie, et ceci, alors qu’il n’est même dans la ville en question. Merci Ulash et merci Levent, c’était… fou ! Mais ce n’est même pas spécifique à eux, comme me l’ont démontré quasiment tous les turques que j’ai rencontré, Murat en tête.

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As I am getting ready to go to Levent’s for dinner, a ceremony is taking place in the hotel courtyard. The dimming light of the sunset, the Turkish tunes, the calm waters of the cove and my amazing hotel room… I’m feeling great. At 9 pm, one of Levent’s drivers picks me up. Levent told me “It’s better at home than in the restaurants”. There, I meet with his wife and two kids, but also two sisters, brother and step-father. The whole family is united for Iftar. His sister prepared everything and, I have to admit, that’s probably one of the best chickens I have ever eaten. No-one speaks English but Levent. He explains to me how he went from being captain of a ship to setting up his own small business of shipping services (navigating personnel and paperwork essentially) in his city, Izmit. From Levent’s point of view, Izmit is a nice city, modern, but it also is one of the most polluted cities in Turkey. That’s why he’s looking to move higher in the mountains, where the air is of better quality: to escape from the pollution generated by the accelerated never-stopping industrialisation of his city.

Alors que je me prépare avant d’aller chez Levent pour le diner, une cérémonie se déroule dans la cour de l’hôtel. Le soleil couchant, les chants turcs parvenant jusqu’à ma fenêtre, l’eau calme de la crique et ma super chambre d’hôtel… Je suis au top. A 21 heures, un chauffeur vient me récupérer. Levent m’a dit « C’est meilleur à la maison qu’au resto ». Là je rencontre sa femme et ses deux enfants, mais aussi ses deux sœurs, son frère et son beau-père. La famille au grand complet est réunie pour l’Iftar. C’est sa sœur qui a tout préparé, et, en effet, pour rien au monde je n’aurais mangé au restaurant. Un poulet divin ! Personne ne parle anglais sauf lui, donc il m’explique comment, en tant qu’ancien capitaine, il en est venu à monter sa boite de service pour shipping (personnel navigant et traitement de paperasse) dans sa ville, à Izmit. D’après Levent, Izmit est une ville sympa pour vivre, moderne, mais c’est aussi une des villes les plus polluées de la Turquie. C’est pour ça qu’il cherche à déménager dans les montagnes, où l’air est plus pur : pour échapper à la pollution générée par l’industrialisation accélérée et incessante de cette ville.

A day in Istanbul/ Une journée à Istanbul

 

Day 30 – 25/06/2015 – 0 kms – Istanbul

Second day off! I’m so late in my daily posts, I hope this will allow me to catch up at least a few days! We leave Bilgin’s house for the Alstom office a little later than forecasted, by going through the maze of extremely steep streets. I don’t even know how the car holds on the tar! The European side of Istanbul well deserves its nickname of “city of the seven hills”. It’s also there where you can find the “living” part of Istanbul. Historically, residents of the European side of Istanbul used to have their secondary houses in the Asian part, which was quieter. Since then, the city has grown and many offices have started popping up on the Asian side.

Deuxième journée de repos ! Je suis tellement en retard dans mes billets, j’espère que ça va me permettre de me rattraper ! On part de chez Bilgin pour les bureaux d’Alstom un peu plus tard que prévu, ré-empruntant ces routes si raides que je ne comprends même pas comment la voiture fait pour adhérer au bitume. Le côté européen d’Istanbul porte bien son surnom de « ville aux sept collines ». C’est là aussi qu’est la vie à Istanbul ! Le côté asiatique, historiquement, n’était en fait que là où les résidents d’Istanbul avaient une maison secondaire pour les week-ends, pour sortir de la grande ville. Mais depuis, la ville s’est étendue, et des bureaux ont commencé à s’installer côté asiatique aussi.

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But Bilgin has grown up here, she knows those streets by heart and charges at high speed in those small driveways, regardless of how narrow, steep and scary they might be. Bilgin is proud of her origins, her eyes shining when she tells me about Ataturk, “father of all Turks”, founder and president of the first republic of Turkey in 1923. He freed Turkey from the occupation of the Allies after World War I, refusing to see the Ottoman Empire fall to pieces, and deeply revolutionized the country by a series of major reforms: separation of the religious and political powers for the first time and instituting the right to vote to women. It’s simply impossible not to have heard about him if you’ve spent some time in Turkey. On the other hand, it seems that Erdogan is much much less liked, at least by the people I’ve met up to now. Nevertheless, Bilgin is more attached to her Turkish roots than to her French “past”. French people critic too much. Turks, on the contrary, are capable of seeing the brighter side of things, and of people.

Mais Bilgin a grandi de ce côté de la ville, elle connait ces rues par cœur et n’hésites pas à foncer dans toutes les petites allées, si étroites, raides et effrayantes soient-elles. Bilgin est fière de sa patrie, et ses yeux brillent quand elle me parle d’Ataturk, « père des turques », fondateur et premier président de la république de Turquie en 1923. Il a libéré le Turquie de l’occupation après la première guerre mondiale, refusant de voir l’empire ottoman capituler aux alliés, et a profondément révolutionné le pays à travers une série de grandes réformes : séparation des pouvoirs politiques et religieux et mise en place du droit de vote aux femmes. Impossible de ne pas en avoir entendu parler quand on passe quelques jours en Turquie. Par contre, j’ai l’impression qu’Erdogan est beaucoup moins apprécié, des gens que j’ai rencontrés jusqu’à présent en tout cas ! Bilgin est plus attachée à ses racines truques qu’à son « passé » français. Les français critiquent trop. A contrario, il existe chez les Turcs une faculté à voir le côté positif des choses.

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At the office, I shake everyone’s hand and realize how incredibly international it is: French and Turks, of course, but also Spanish, Greek, Iranian, Algerian… A very warm welcome again and I spent the rest of the day working by their side. How awkward working in an Alstom office again! At midday, Bilgin drives me to Decathlon to buy a new towel (the previous one had been burnt by Marie in Ruse by placing it a little to near a lamp). And there I discover the other facet of Istanbul: the Atasehir bloc on the Asian side, where the new financial centre is being built and huge charmless compounds, with their adjacent commercial and sport centres allowing you to live autonomously without even leaving the buildings, are popping up a little everywhere.

En arrivant, je fais le tour des bureaux de Bilgin et rencontre cet environnement de travail particulièrement international: des français et des turques, mais aussi espagnol, grecque, iranien, algérien… Tous sont très accueillants et je passe la matinée à travailler à leur côté. Bizarre bizarre de se retrouver à travailler dans un bureau Alstom ! Alors qu’on fait un détour Décathlon pour racheter une serviette microfibre (la précédente ayant été brûlée vive par Marie à Roussé, qui l’avait placé sans faire exprès un peu trop près d’une lampe), j’aperçois l’autre facette d’Istanbul : le quartier d’Atasehir côté asiatique, où il y a le nouveau centre financier et de grands « compounds » sans charme, mais d’un confort certain, équipés de leurs centres commerciaux et sportifs, et de tout ce qu’il faut pour vivre sans sortir du bloc.

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Bilgin has to go to a « kirk » (« forty » in Turkish) for the evening. It’s a Turkish ceremony celebrated forty days after a death. It’s her best friend’s mother. Although she’s been brought up as a Muslim, Bilgin doesn’t trust religion institutions anymore. And why should she go and listen to the muezzin when she doesn’t even understand his calls for prayer, which are in Arab, a language she, like most Turks, doesn’t understand! Before, they were in Turkish, it made more sense. Kuthan comes home a few minutes before his mother. He likes going out but, especially since the demonstration, the Taksim square isn’t such a nice place anymore. Before, it was the ideal place to go out, now it’s full of riffraff, gypsys who rob and aggress party people. As I’m going to bad, I hear “You sure you don’t want to stay a little longer?”. Yes, I haven’t seen anything of Istanbul, I’m really frustrated. O and if you insist, wasn’t so hard to convince me, but yes I’ll come back!

Le soir, Bilgin doit s’absenter. Elle doit aller à un « kirk » (« quarante » en turc), c’est une cérémonie religieuse célébrée quarante jours après la mort d’un proche, en l’occurrence, la mère d’une amie proche. Bilgin a été élevée dans la religion musulmane, mas elle ne fait plus confiance aux institutions religieuses depuis un certain temps. Et puis, pourquoi écouter les appels à la prière des muezzins ? Ils sont en arabe, elle n’y comprend rien, comme une grande majorité des turques. Autrefois, c’était en turque, ça avait plus de sens. Kuthan rentre un peu avant sa mère. Il aime sortir, mais depuis les manifs, la place Taksim n’est plus ce qu’elle était. Avant, c’était le lieu de sortie idéal, maintenant il y a de la racaille partout, des gitans qui volent et agressent les fêtards. Alors que je prends mes quartiers, j’entends « tu ne veux pas rester un peu plus longtemps ? Tu peux rester tu sais ». Oui je sais, je n’ai rien vu d’Istanbul, je suis super frustrée. Et puis bon, puisque vous insistez (pas trop difficile de me convaincre), maintenant c’est sûr que je reviendrais !

Off to Asia!/ Passage en Asie!

Day 29 – 24/06/2015 – 95,5 kms – Kestanelik à Istanbul

In the morning, we go have breakfast at the tea-shop located just under the celebration hall. Well actually, they only have tea because it is Ramazan. Mehmet (town sort-of mayor) even comes to say goodbye and hangs around with a bunch of friends from the village as the batteries are charging. When we ask if we can eat, he serves us another tea. We don’t dare take our provisions out, not knowing if that might be misinterpreted, but we are dying to eat something for breakfast. After a few minutes of painful fasting, we realise someone else was eating at the table behind us! So, we understand it is just the restaurant does not have anything else then tea but that we are free to eat here. We greedily take out our cookies! A random guy even offered us cherries!

Le matin, on va prendre notre petit-déjeuner au café d’en bas (peut-on dire « thé » d’en bas ?). Mais pas de petit-déjeuner, c’est Ramazan, ils n’ont que du thé. Mehmet, le « maire » du village qui nous a accueilli hier, vient nous saluer et traine dans la maison de thé avec nous le temps que les batteries se rechargent. Quand on essaie de demander si on peut manger quelque chose de notre sac, il nous sert un autre thé. Du coup, on n’ose pas sortir nos biscuits de peur que ce soit mal interprété, mais on a les crocs. Après quelques minutes de jeûne difficile, on se rend compte que quelqu’un à la table derrière nous est en train de manger. Comme quoi ! En fait, c’est juste le restaurant qui ne sert pas à manger pendant Ramazan (étrange me diriez-vous pour un restaurant) mais on peut enfin sortir nos provisions et manger comme des sacs ! Un type qui passait par là nous offre même des cerises !

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We take the amazing D-020 towards Istanbul. But, a few kilometers after Kestanelik, there is huge construction site in the distance, seeming to be a new road network, spreading out on several kilometres. Many trucks pass by us at great speed, blowing dust in our faces, and making the trip a little a less enjoyable. In Gokturk, we meet up with Cetin and his bycicle, another one of Murat’s friends (do I still have to mention it?), at gas station. He is wearing a very pro outfit, with bright yellow sunglasses. Cetin is a bike tour guide. However, I was expecting a car to escort me over to the Asian side of Istanbul, not a bike. But Cetin reassures me, he knows the best roads and ferry rides to cross over the Bosphorus. So we head to Sariyer, a town north of Istanbul, as I had planned originally, through a beautiful route in the forest of a national park. There are no cars, probably because the road is not of best quality (and that’s a euphemism), but I am sure this very peaceful way is the best and most pleasant to get to Istanbul when riding a bike. We then catch up with main road that leads us to the Bosphorus.

On prend la D-020 en direction d’Istanbul; Mais, quelques kilomètres après Kestanelik, on aperçoit un chantier monstrueux au loin ; on dirait un nouveau réseau routier, s’étendant sur plusieurs kilomètres. Des centaines de camions nous dépassent à vive allure, nous envoyant des panaches de poussière à chaque passage, ce qui rend la route un peu moins agréable. Nous retrouvons Cetin (un ami de Murat, dois-je encore le préciser ?) et son vélo dans une station-service de Gokturk. Il porte une tenue de cycliste très pro, avec des lunettes jaunes transparentes ne passant pas inaperçu. Il est guide à vélo pour les touristes du coin. Je m’attendais plutôt à une escorte en voiture pour traverser le Bosphore. Cetin me rassure, il connait les meilleurs chemins et les meilleurs ferrys pour passer côté asiatique. Nous continuons la route qui passe au nord, celle que j’avais l’intention de prendre à la base, et empruntons une petite route à travers la forêt d’un parc national. Il n’y a aucune voiture, surement parce que la route est de très mauvaise qualité, mais je suis persuadée que ça doit être la façon la plus agréable et sereine d’approcher d’Istanbul à vélo. Puis, nous rattrapons un axe plus important et rejoignons le Bosphore.

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What an amazing sight! As we cycle along the Bosphorus, down to the city centre, I observe this city I had visited around 14 years ago, trying to memorize each detail of the splendid scenery unveiling before my eyes. I don’t remember Istanbul being like this, at all. Has it changed so much, or am I confusing it with another city I’d been to? One thing is certain, this is clearly one of the most beautiful cities I have ever been to: beautiful villas hanging from the cliffs rising off the banks of the impressively blue Bosphorus under which stylish seafood restaurants are greeting passengers of boats coming and going to each side of the Strait, and stunning immaculate white mosques, rising up from a little everywhere, with their charming multi-coloured minarets. We cycle past the imposing Rumelihisari fortress built in 1452 to protect the Strait and I leave Chris to his couchsurfers on my way, well I mean to Seyda’s sister, who accepted to host him, to the ferry docks. It was a real pleasure sharing a bit of this adventure with him, hope to see him again in the near future. With Cetin, we continue riding down to the Fatih/ Harem ferry crossing point. First time on a boat for Roger! As we are navigating towards the Uskudar block, I realize that, well, I’m already in Asia!

Un panorama magnifique! Alors que nous longeons le Bosphore pour rejoindre le centre-ville, je contemple cette ville que j’avais visitée il y a plus de 14 ans, m’efforçant à imprimer chaque détail de ce paysage unique. Je ne me souviens pas du tout qu’Istanbul ressemble à ça. Ca a tant changé que ça en une quinzaine d’années, ou est-ce que je confonds avec une autre ville? En tout cas, c’est clairement une des plus belles villes que j’ai visité : des villas splendides accrochées aux falaises qui se dressent le long du Bosphore d’un bleu roi pure et noble, sous lesquelles s’activent une série de restaurants de fruits de mer raffinés, accueillant les passagers des bateaux allant et venant d’un bord à l’autre du détroit, et de grandes mosquées blanches immaculées avec des minarets de toutes les couleurs qui se glissent un peu partout dans le paysage. On passe devant l’imposante forteresse Rumelihisari, construite en 1452 pour protéger le détroit. Je laisse Chris à ses couchsurfers, enfin à la sœur de Seyda, chez qui il a trouvé refuge. Ça a été vraiment un plaisir de partager ces quelques aventures avec lui, et j’espère le revoir bientôt ! On continue avec Cetin jusqu’aux quais du ferry Fatih/ Harem, tout au Sud du Bosphore. Alors que nous naviguons en direction du quartier d’Uskudar, je me rends compte que, ça y est, je suis en Asie !

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I meet with the Alstom Office and especially with Bilgin, the Turkish woman who volunteered to host me for two nights. She immediately makes an impression, speaking perfectly French (has lived in France the first 7 years); she seems to be a woman with quite a history. After a few pictures, Murat, the man behind the mask and with so many friends, makes his appearance! I had already met him in Milan and in Chambery, and it is a pleasure to see him again. Murat thus partakes to the little Alstom meeting during which employees ask me different questions about my adventure. They are really surprised when they realise that I am not a professional cyclist at all, having barely trained for this adventure. Murat offers me little present with bicycle symbols all over them: a key ring, a bracelet, and earrings (he couldn’t have known I didn’t have my ears pierced). Once again, I can’t find the words to thank this man.

Je retrouve le bureau d’Alstom, et je rencontre Bilgin, la femme turque qui s’est portée volontaire pour m’accueillir pendant mes deux nuits à Istanbul. Elle me fait tout de suite une forte impression, elle parle parfaitement français, ayant vécu 7 années de son enfance en France. On sent que c’est une femme qui doit avoir une sacrée histoire. Après quelques photos, Murat, l’homme derrière le masque, fait son apparition ! Je l’avais rencontré à Chambéry et à Milan, et c’est un plaisir de le revoir chez lui à Istanbul. Il participe donc au petit meeting pendant lequel les employés d’Alstom me posent des questions sur cette aventure. Ils sont très surpris quand ils apprennent que je ne suis pas du tout une cycliste avérée, m’étant à peine entrainée pour cette aventure. Murat m’offre des petits cadeaux avec un thème récurrent : le vélo ! Un porteclé, un bracelet et des boucles d’oreilles (bon il ne pouvait pas savoir que je n’avais pas les oreilles percées !). Une fois encore, j’ai du mal à trouver les mots pour le remercier !

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After the meeting, Bilgin drives me to her home. On the way, we pick up two other employees, one of which had also volunteered to host me: Georgios,  the ****** Greek (seems to be his nickname), and Antonio, Spaniard. Bilgin is a lively women, cheerful and friendly. She has a twenty year old son, but seems much younger in the way acts and jokes. They look like a family, the three of them. She has prepared traditional Turkish dishes just for my arrival in very (very) large quantities. Her son, Kuthan, arrives just in time for dinner. He is a bright-looking young man, with a slight devil-may-care attitude, revealing his artistic side. As we are savouring each of the different plates set out before us, we talk about the crisis, about what it has changed for countries like Greece and Spain, especially in terms of purchasing power. Georgios believes Tsipras is a joke, he is certainly not the solution, although defying the European Union on the debt is, from his point of view, the right thing to do. People are suffering. “The Greek are very similar to Turks, we’re actually the same people, with different religions” Bilgin tells me. For Georgios, living in Turkey is like being at home. Antonio on the other hand, doesn’t feel the same way and will head home in a few months. One thing is certain, I may not be at home but if I eat every night like that in Turkey, I’m certainly not going to lose any weight, regardless the number of kilometres I travel.

Après la réunion, Bilgin me conduit chez elle. Nous nous arrêtons récupérer deux autres employés Alstom en chemin, dont l’un s’était également porté volontaire pour m’accueillir : Georgios le p***** de Grec (c’est son surnom officiel, je précise), et Antonio, l’espagnol. Bilgin est quelqu’un de très dynamique, enjouée et qui a l’air très fidèle en amitié. Elle a un garçon de vingt ans, mais semble beaucoup plus jeune dans sa façon de s’exprimer et de plaisanter. On dirait une famille, ces trois-là : ils se chambrent et ne font que rigoler. Bilgin a préparé des plats traditionnels turcs pour mon arrivée en très (très) grande quantité. Son fils, Kuthan, se pointe à l’heure du repas. C’est un jeune homme qui m’a l’air pas con du tout, avec une touche de je-m’en-foutisme, révélant un côté un peu artiste débridé. Alors qu’on se délecte en goutant à chacun de ces mets divins, on refait le monde en parlant de la crise, de ce que ça a pu changer pour des pays comme la Grèce et l’Espagne, surtout en termes de pouvoir d’achat. Georgios nous dit que Tsipras c’est une grosse blague, ce n’est pas un homme de confiance, bien que confronter l’Union Européenne sur la dette Grecque était indispensable selon lui. Les gens souffrent trop. « Les grecs sont très proches des turques. En fait, nous sommes le même peuple, avec des religions différentes » me dit Biglin. Pour Georgios, vivre en Turquie n’a rien d’exotique, c’est comme être à la maison. Ce n’est pas le cas de Antonio Une chose est sûre, je ne suis peut-être pas à la maison, mais si je mange autant partout en Turquie, je ne suis pas prêter de perdre du poids, peu importe le nombre de kilomètres que je ferais !

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